lundi 16 février 2015

Musée Chagall-2

Lundi, 16 février, couvert

Hier dimanche, le couvert nuageux s'est aminci vers la fin de la matinée et le soleil a pu percé pour nous donner une éclaircie tout l'après-midi. J'en ai profité pour retourner au musée Chagall, certainement le plus intéressant de Nice.

La grande salle où sont réunies les toiles du Message Biblique est très spéciale de conception. Les murs sont parfois à plat pour présenter un seul tableau isolé, par exemple La création de l'homme ou Moïse recevant les Tables de la Loi,  parfois en saillie ménageant des sortes d'alcôves où deux toiles peuvent être vues dans un même regard, par exemple le Paradis et Adam et Ève chassés. Ces deux toiles en particulier sont dans un renfoncement qui fait qu'en les regardant le spectateur tourne le dos au reste de la salle. Il me semble évident que, dans l'aménagement des murs, l'architecte s'est inspiré du plan d'accrochage que Chagall avait en tête et qu'il lui aurait expliqué en détail. Une salle conçu dans un but et pour mettre en relief le récit d'un choix d'épisodes de l'Ancien Testament, quoique non présentés dans l'ordre chronologique..

Les photos seront cette fois des détails des toiles qui m'ont le plus fasciner, reproduites dans le message précédent sur le même musée.

Abraham et les trois anges.

Cette grande toile rectangulaire est seule sur son mur, le premier à gauche quand on entre. Elle est dans l'axe de la salle et elle est la seule qui soit toujours visible où qu'on soit, quand on se tourne dans sa direction. Pour Chagall, elle était donc d'une grande importance.
Les trois anges annoncent à Abraham et Sarah la naissance d'un fils, Isaac, bien que Sarah soit très vieille. Elle suggère une autre Annonciation, celle faite à Marie de la venue d'un enfant fils de Dieu, Jésus. Nous sommes donc ici au début et à la fin de l'Ancien Testament.
Les ailes des anges sont d'un blanc éclatant qui illumine toute la scène, sauf celles de l'ange de droite, de profil, qui sont colorées.




Le Paradis.

J'ai retenu un détail de ce tableau, à partir des têtes d'Adam et d'Ève avec, au-dessus d'eux, l'arbre très coloré de la Connaissance du bien et du mal, l'arbre de l'interdit et de la tentation sur lequel veille un ange. On devine la tête du serpent. À la différence d'autres toiles sur le même sujet, Adam et Ève sont ici enlacés comme pour suggérer qu'ils sont solidaires de la transgression et qu'ils partageront à la fois la connaissance, le libre arbitre, les joies, les souffrance et la mort qui en seront le prix.



Adam et Ève chassés du Paradis.

Deux détails cette fois.

Dans le coin droit de la toile, Adam et Ève quittent le Paradis comme soutenus par un coq rouge,  symbole de vitalité et de fertilité. C'est, selon la Bible, le premier jours de l'humanité.



À l'opposé, dans le coin gauche, un bouquet de fleurs à dominance de jaune, très coloré, flamboyant, peint en hauteur comme une flamme, qui rappelle le buisson ardent de Moïse.



Enfin, la grande photo d'une mosaïque, à l'extérieur du musée devant un plan d'eau mais visible de l'intérieur, qui montre au centre le prophète Élie montant au ciel sur son char entouré des signes du zodiaque. Chagall avait quatre-vingt ans au moment de sa conception, dont il n'a pu que diriger la réalisation confiée à un maître d'oeuvre, Lino Melano.




















Aucun commentaire:

Publier un commentaire